Des mérites de la répression sexuelle:
Peut-être que ca se réduit à ca, en fait: Ronettes, Shangri-Las, Crystals, et les chanteurs aussi, tous ces vieux classiques rock, étaient alimentés par une seule chose: la répression sexuelle, et la frustration conséquente. Ils étaient peut être sexistes, névrotiques ou même sadomasochistes - parfois je pense que la seul raison pour laquelle on ai inventé la pop musique c'était d'exprimer des émotions malsaines sous une forme aussi trompeuse qu'apaisée.. Ils explosaient littéralement de tout ce désir réprimé et de peur et de culpabilité et de crainte et de haine et de rancœur et de confusion. Et cela leur donnait une sorte d'urgence anarchique, qui peut encore nous émouvoir aujourd'hui.
A écouté certains vieux titres des Shangri-Las, vous pourrez vous retrouver à rire et pleurer en même temps. Et le truc de Spector... pas seulement le fameux Mur de Son, mais l'urgence dans la voix des filles, signifiait sexe pur, substrat de toute scène possible entre un gars et une fille, partout où alors nous trouvions le moyen de nous éclipser pour voir jusqu'à quel point nous pourrions aller cette fois.
Tout cette frustration passait dans le rock, toutes ces puissantes émotions étaient bien en vue, et la production derrière elles regorgeait d'une méticuleuse abondance de détail. Ces chansons étaient comme de magnifiques tapisseries dépeignant les situations les plus embarrassantes et les plus ridicules , mais aussi les plus douloureuses, et elles tiennent aujourd'hui encore.
Blondie ne constitue pas vraiment un mur du son, mais il serait injuste de le leur reprocher. Ce n'est pas Le Blondie Orchestra, juste un bon petit groupe de rock qui a évolue sans arrêt depuis le garage sans jamais perdre de vue ni cesser de comprendre ce qu'on y trouver de bon, sinon de meilleur, Debbie a une bonne voix, selon les critères de chants traditionnels de beaucoup de ceux qui enregistraient au début ses années 60. Mais on oserait pas mettre un de ses titres à coté d'une production Spector ou Shangri-Las, parce qu'il sonnerait franchement pâle des genoux. La raison en est (comme je ne cesse de le ressasser) que la musique ne semble pas comporter d'émotions vraiment fortes, et que celles qui font surface de temps à autres, ce qu'il peut y avoir d'obsessions et de désir, sont invariablement presque aussitôt sabrées par des fusillades d'ironies, de sarcasmes, tout ce que vous voulez, qui finissent par les enterrer.
La première raison pour laquelle nous écoutons de la musique est d'y entendre l'expression de la passion - comme je l'ai cru toute ma vie - alors à quel point celle musique se révélera-t-elle bonne ?
Qu'est ce que ça dit de nous ? Que confirmons nous en nous même en adorant un art aussi effectivement neutre ? Et simultanément, que sommes-nous en train de détruire, ou du moins de rabaisser, en nous ?
C'est dernières années, on a vu la montée d'un type de musique peut être inconnu jusque-là dans l'histoire humaine: un musique conçue spécifiquement, intentionnellement ou par motivation inconsciente, pour faire disparaître les émotions qui pourraient subsister dans l'atmosphère qui nous entoure, créant ainsi un vide où nous pouvons respirer plus aisément parce que nous aurons moins la trouille les uns des autres, bien que nous ne communiquions toujours pas. C'est la disco de base, bien entendu. Mais elle n'est pas la seule. Toutes sortes de musiques s'en chargent, et vous pourrez parler tant que vous voudrez de la musak, et de la variété pré-rock nunuche que nos parents aimaient; How Much Is That Doggie in the Window, mais ce n'est pas la même chose parce que ces chansons reposaient sur une conception des rapports sociaux sur laquelle, pour l'essentiel, tous les auditeurs s'accordaient. Tandis qu'il n'existe rien de tel aujourd'hui. Il y a donc un genre entièrement nouveau de musique à air conditionné, de contrôle du climat, antidépressive / antipsychotique, conçue pour neutraliser et apaiser et, en définitive, exprimer l'immobilité plutôt que le battement des cœurs de deux aimants ou la nullasserie broute-foufoune de How Much Is That Doggie in the Window. Avant, toute celle que vous entendiez étaient destinée à mettre quelque chose dans la pièce; la nouvelle a pour fonction de l'enlever.
Il semble que Blondie ait adopté plus ou moins de tout cœur cette esthétique. Mais quand on enlève sans cesse au lieu d'ajouter... ah, c'est comme un compte en banque non ? Bientôt il ne restera plus rien. Et ça semblerait bien faire de vous une sorte de vampire musical.
Patti Smith, en dépit de toutes ses prétentions, de son obstination butée, de son narcissisme, de ses croisades fumeuses, chante encore du cœur, si brouillé qu'il soit. Quand elle est en forme, elle apporte quelque chose à l'environnement, elle représente quelque chose, elle est réelle, la chair et le sang sortent de ces sillons, ce qui je pense est une raison qui fait qu'elle a tant de fans. Ou bien Lou Reed, en dépit de ses marmonnements monotones, il y a en dessous tant de souffrance diffuse, tant de désespoir, de désir et de regrets, que même lorsqu'il se montre le plus cynique vous le sentez lutter avec lui même, combattre ses propre démons. Mais Blondie... ont-ils encore ce genre de courage?
Comme Brian Ferry au sein de Roxy Music, ils s'efforcent de crée une sorte de rococo involontaire, un rock arty surchargé qui dissimule ce que l'artiste éprouve vraiment en lâchant partout des ironies bien tournées, en proposant des introspections synthétiques qui se veulent encore plus intéressantes que la réalité. Ou bien ils se contentent de cabotiner. Mais Brian Ferry était dans les pinces de langouste d'un véritable romantisme, et peu importe combien de fois il avait transposé ce qu'il traversait avant de le mettre en chanson, vous saviez toujours qu'il traversait quelque chose. Il y avait dans sa musique une passion et une vitalité grandioses, et même quelque chose de poignant, même lorsqu'elle était condescendante au possible, et dilatoire au point d'en être parfaitement exaspérante.
Tandis qu'avec Blondie vous n'avez rien de tel, du moins 90% cent du temps. Vous avez au contraire une froideur générale, car ils n'écrivent pas de chansons d'amour pop. Où veulent-ils en venir dans leurs textes? Vous disent-ils de les laisser tranquilles ? Est ce qu'ils pleurnichent sur leur carrière ? Sont-ils en train de concocter de petites sagas reposant sur des événements quotidiens qui n'auront jamais rien de contraignant ? Ou bien sont-il délibérément banals jusqu'à la folie... ? De quoi ces gens se soucient-ils réellement, s'ils s'en soucient ?
Ou alors, s'ils veulent simplement distraire, pourquoi tant de sérieux sur ce qu'ils font? Peut-être se prennent-ils pour Dorothy Parker, à faire des commentaires légers et pleins d'esprit sur les foules qui passent, sans jamais aller trop profond. Ce qui est bien aussi, sauf que... c'est impénétrable. Parlez donc mur du son, LEUR MUSIQUE EST UN MUR. elle est conçue comme ça, probablement en raisons d'instincts d'autoprotection pas nécessairement injustifiés ou malavisés mais... ils s'affairent dans des médias qui communiquent ostensiblement... et pour finir le public commence à avoir l'impression d'un groupe de gens hermétiques, d'une petite coterie, qui se sont enfermés eux-même et nourrissent une mentalité d'assiégés alors qu'en fait personne ne veut leur peau.
La presse n'est pas sympa, ne respecte pas les règles, brûlez vous une fois et vous serez plus prudent la suivante. Mais on ne se promène pas dans des armures et ces exosquelettes géants en se cuirassant contre de nouvelles attaques à chaque coin de rue. Tôt ou tard, vous devez dire quelque chose que vous pensez réellement. Shayla et Union City Blue y ressemblent, mais ce sont toutes deux des chansons à la troisième personne. Quand Blondie vont-ils en écrire à la première (hormis Living in the Real World, qui n'est rien qu'un exemple précoce et atroce d'un syndrome familier, celui de la rock star s'apitoyant sur elle-même), qui expriment ce qu'ils éprouvent réellement envers eux-même, les uns envers les autres, envers leurs amis, leurs amants, leur parents, leur connaissances, le proprio, n'importe qui, n'importe quoi ? Rien que pour rendre la chose plus claire et agir comme s'ils parlaient sérieusement.
Faire de la célébrité une fonction de mise à distance non empathique, les empêcher d'en vouloir davantage alors même que vous leur jetez au visage la boue de votre mépris, ou vous contenter de tourner le dos, comme Miles Davis l'a fait pendant presque toute sa carrière... bon, ça n'est pas un truc facile à faire. Il faut une personnalité extrêmement complexe, quelqu'un qui soit également maître dans l'art de changer de masques et de déguisements, le parfait caméléon (Dylan, Bowie). Ou alors, la capacité innée à projeter quelque chose de menaçant, ou de dangereux, si fallacieuse que puisse être cette impression, qui les tiennent à distance (Lou Reed). Dans leur grand majorité, les artistes, quels qu'ils soient, en sont dépourvus.
Pour moi, Debbie est manifestement une fille très gentille, pas insipide comme certaines, mais qui aurait du mal évoquer le danger. Qui en est encore capable, parmi nos célébrités/héros populaires ? Ce n'est qu'une bande d'aimables lessivés. On dirait que c'est ce que veulent les gens, peut être qu'en fait ce besoin rend davantage compte de la popularité de Blondie que nous l'aurions suspecté.
Il ne faut jamais oublier que jusqu'en 1975, quand Patti Smith a renversé les barrières comme une sorcière sous jusquiame, le rock était presque exclusivement un monde où régnait la suprématie masculine. Les groupes de filles du début des années 60 étaient, pour la plupart, trop ethnique, trop marqués par des résonances gangs de rue-rivages d'Orient pour le genre d'attrait crossover auquel Debbie est parvenue. Janis Joplin était trop pathétique, une freak pour les freaks. Grace Slick préfère le vaste entrepôt de ses petites plaisanteries privées et s'est donné un mal fou pour se montrer déplaisante. Patti est encore trop jungle pour Tv Guide. Cela ne laisse qu'une personne, la femme dont le destin est de finir par être appelée "la Reine du Punk".
Lester Bangs
extrait du livre Blondie, 1980
traduit et paru en français dans le recueil Fêtes sanglantes & mauvais goût, aux éditions Tristam.
Ce n'est pas du tout le meilleur extrait de l'énergumène, loin de là, mais c'est le plus court qui m'est tombé sous la main.
A écouté certains vieux titres des Shangri-Las, vous pourrez vous retrouver à rire et pleurer en même temps. Et le truc de Spector... pas seulement le fameux Mur de Son, mais l'urgence dans la voix des filles, signifiait sexe pur, substrat de toute scène possible entre un gars et une fille, partout où alors nous trouvions le moyen de nous éclipser pour voir jusqu'à quel point nous pourrions aller cette fois.
Tout cette frustration passait dans le rock, toutes ces puissantes émotions étaient bien en vue, et la production derrière elles regorgeait d'une méticuleuse abondance de détail. Ces chansons étaient comme de magnifiques tapisseries dépeignant les situations les plus embarrassantes et les plus ridicules , mais aussi les plus douloureuses, et elles tiennent aujourd'hui encore.
Blondie ne constitue pas vraiment un mur du son, mais il serait injuste de le leur reprocher. Ce n'est pas Le Blondie Orchestra, juste un bon petit groupe de rock qui a évolue sans arrêt depuis le garage sans jamais perdre de vue ni cesser de comprendre ce qu'on y trouver de bon, sinon de meilleur, Debbie a une bonne voix, selon les critères de chants traditionnels de beaucoup de ceux qui enregistraient au début ses années 60. Mais on oserait pas mettre un de ses titres à coté d'une production Spector ou Shangri-Las, parce qu'il sonnerait franchement pâle des genoux. La raison en est (comme je ne cesse de le ressasser) que la musique ne semble pas comporter d'émotions vraiment fortes, et que celles qui font surface de temps à autres, ce qu'il peut y avoir d'obsessions et de désir, sont invariablement presque aussitôt sabrées par des fusillades d'ironies, de sarcasmes, tout ce que vous voulez, qui finissent par les enterrer.
La première raison pour laquelle nous écoutons de la musique est d'y entendre l'expression de la passion - comme je l'ai cru toute ma vie - alors à quel point celle musique se révélera-t-elle bonne ?
Qu'est ce que ça dit de nous ? Que confirmons nous en nous même en adorant un art aussi effectivement neutre ? Et simultanément, que sommes-nous en train de détruire, ou du moins de rabaisser, en nous ?
C'est dernières années, on a vu la montée d'un type de musique peut être inconnu jusque-là dans l'histoire humaine: un musique conçue spécifiquement, intentionnellement ou par motivation inconsciente, pour faire disparaître les émotions qui pourraient subsister dans l'atmosphère qui nous entoure, créant ainsi un vide où nous pouvons respirer plus aisément parce que nous aurons moins la trouille les uns des autres, bien que nous ne communiquions toujours pas. C'est la disco de base, bien entendu. Mais elle n'est pas la seule. Toutes sortes de musiques s'en chargent, et vous pourrez parler tant que vous voudrez de la musak, et de la variété pré-rock nunuche que nos parents aimaient; How Much Is That Doggie in the Window, mais ce n'est pas la même chose parce que ces chansons reposaient sur une conception des rapports sociaux sur laquelle, pour l'essentiel, tous les auditeurs s'accordaient. Tandis qu'il n'existe rien de tel aujourd'hui. Il y a donc un genre entièrement nouveau de musique à air conditionné, de contrôle du climat, antidépressive / antipsychotique, conçue pour neutraliser et apaiser et, en définitive, exprimer l'immobilité plutôt que le battement des cœurs de deux aimants ou la nullasserie broute-foufoune de How Much Is That Doggie in the Window. Avant, toute celle que vous entendiez étaient destinée à mettre quelque chose dans la pièce; la nouvelle a pour fonction de l'enlever.
Il semble que Blondie ait adopté plus ou moins de tout cœur cette esthétique. Mais quand on enlève sans cesse au lieu d'ajouter... ah, c'est comme un compte en banque non ? Bientôt il ne restera plus rien. Et ça semblerait bien faire de vous une sorte de vampire musical.
Patti Smith, en dépit de toutes ses prétentions, de son obstination butée, de son narcissisme, de ses croisades fumeuses, chante encore du cœur, si brouillé qu'il soit. Quand elle est en forme, elle apporte quelque chose à l'environnement, elle représente quelque chose, elle est réelle, la chair et le sang sortent de ces sillons, ce qui je pense est une raison qui fait qu'elle a tant de fans. Ou bien Lou Reed, en dépit de ses marmonnements monotones, il y a en dessous tant de souffrance diffuse, tant de désespoir, de désir et de regrets, que même lorsqu'il se montre le plus cynique vous le sentez lutter avec lui même, combattre ses propre démons. Mais Blondie... ont-ils encore ce genre de courage?
Comme Brian Ferry au sein de Roxy Music, ils s'efforcent de crée une sorte de rococo involontaire, un rock arty surchargé qui dissimule ce que l'artiste éprouve vraiment en lâchant partout des ironies bien tournées, en proposant des introspections synthétiques qui se veulent encore plus intéressantes que la réalité. Ou bien ils se contentent de cabotiner. Mais Brian Ferry était dans les pinces de langouste d'un véritable romantisme, et peu importe combien de fois il avait transposé ce qu'il traversait avant de le mettre en chanson, vous saviez toujours qu'il traversait quelque chose. Il y avait dans sa musique une passion et une vitalité grandioses, et même quelque chose de poignant, même lorsqu'elle était condescendante au possible, et dilatoire au point d'en être parfaitement exaspérante.
Tandis qu'avec Blondie vous n'avez rien de tel, du moins 90% cent du temps. Vous avez au contraire une froideur générale, car ils n'écrivent pas de chansons d'amour pop. Où veulent-ils en venir dans leurs textes? Vous disent-ils de les laisser tranquilles ? Est ce qu'ils pleurnichent sur leur carrière ? Sont-ils en train de concocter de petites sagas reposant sur des événements quotidiens qui n'auront jamais rien de contraignant ? Ou bien sont-il délibérément banals jusqu'à la folie... ? De quoi ces gens se soucient-ils réellement, s'ils s'en soucient ?
Ou alors, s'ils veulent simplement distraire, pourquoi tant de sérieux sur ce qu'ils font? Peut-être se prennent-ils pour Dorothy Parker, à faire des commentaires légers et pleins d'esprit sur les foules qui passent, sans jamais aller trop profond. Ce qui est bien aussi, sauf que... c'est impénétrable. Parlez donc mur du son, LEUR MUSIQUE EST UN MUR. elle est conçue comme ça, probablement en raisons d'instincts d'autoprotection pas nécessairement injustifiés ou malavisés mais... ils s'affairent dans des médias qui communiquent ostensiblement... et pour finir le public commence à avoir l'impression d'un groupe de gens hermétiques, d'une petite coterie, qui se sont enfermés eux-même et nourrissent une mentalité d'assiégés alors qu'en fait personne ne veut leur peau.
La presse n'est pas sympa, ne respecte pas les règles, brûlez vous une fois et vous serez plus prudent la suivante. Mais on ne se promène pas dans des armures et ces exosquelettes géants en se cuirassant contre de nouvelles attaques à chaque coin de rue. Tôt ou tard, vous devez dire quelque chose que vous pensez réellement. Shayla et Union City Blue y ressemblent, mais ce sont toutes deux des chansons à la troisième personne. Quand Blondie vont-ils en écrire à la première (hormis Living in the Real World, qui n'est rien qu'un exemple précoce et atroce d'un syndrome familier, celui de la rock star s'apitoyant sur elle-même), qui expriment ce qu'ils éprouvent réellement envers eux-même, les uns envers les autres, envers leurs amis, leurs amants, leur parents, leur connaissances, le proprio, n'importe qui, n'importe quoi ? Rien que pour rendre la chose plus claire et agir comme s'ils parlaient sérieusement.
Faire de la célébrité une fonction de mise à distance non empathique, les empêcher d'en vouloir davantage alors même que vous leur jetez au visage la boue de votre mépris, ou vous contenter de tourner le dos, comme Miles Davis l'a fait pendant presque toute sa carrière... bon, ça n'est pas un truc facile à faire. Il faut une personnalité extrêmement complexe, quelqu'un qui soit également maître dans l'art de changer de masques et de déguisements, le parfait caméléon (Dylan, Bowie). Ou alors, la capacité innée à projeter quelque chose de menaçant, ou de dangereux, si fallacieuse que puisse être cette impression, qui les tiennent à distance (Lou Reed). Dans leur grand majorité, les artistes, quels qu'ils soient, en sont dépourvus.
Pour moi, Debbie est manifestement une fille très gentille, pas insipide comme certaines, mais qui aurait du mal évoquer le danger. Qui en est encore capable, parmi nos célébrités/héros populaires ? Ce n'est qu'une bande d'aimables lessivés. On dirait que c'est ce que veulent les gens, peut être qu'en fait ce besoin rend davantage compte de la popularité de Blondie que nous l'aurions suspecté.
Il ne faut jamais oublier que jusqu'en 1975, quand Patti Smith a renversé les barrières comme une sorcière sous jusquiame, le rock était presque exclusivement un monde où régnait la suprématie masculine. Les groupes de filles du début des années 60 étaient, pour la plupart, trop ethnique, trop marqués par des résonances gangs de rue-rivages d'Orient pour le genre d'attrait crossover auquel Debbie est parvenue. Janis Joplin était trop pathétique, une freak pour les freaks. Grace Slick préfère le vaste entrepôt de ses petites plaisanteries privées et s'est donné un mal fou pour se montrer déplaisante. Patti est encore trop jungle pour Tv Guide. Cela ne laisse qu'une personne, la femme dont le destin est de finir par être appelée "la Reine du Punk".
Lester Bangs
extrait du livre Blondie, 1980
traduit et paru en français dans le recueil Fêtes sanglantes & mauvais goût, aux éditions Tristam.
Ce n'est pas du tout le meilleur extrait de l'énergumène, loin de là, mais c'est le plus court qui m'est tombé sous la main.
Blondie - Atomic
[extrait de l'album Eat To The Beat]
Blondie - Heart Of Glass
[extrait de l'album Parallel Lines]
Blondie - Call Me
[extrait de la BO d'American Gigolo]
[extrait de l'album Eat To The Beat]
Blondie - Heart Of Glass
[extrait de l'album Parallel Lines]
Blondie - Call Me
[extrait de la BO d'American Gigolo]
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