Écouter Black Dice au casque est une expérience éprouvante, quelque chose dont on ressort choqué et déboussolé. Du genre à faire passer Animal Collective et Sonic Youth pour Simon & Garfunkel.
Pourtant quand le dernier opus du groupe; Repo (dont il était déjà question ici) nous tombe entre les mains, on est obligé de tenter l'expérience les écouteurs vissés sur la tête et le volume à un niveau plus que raisonnable. Et on persévère une fois les premiers hauts le cœur passés.
Dès le départ il faut savoir qu'on écoute ici la bande originale déglinguée d'un cauchemarde chamanique plus qu'un album de chansons au sens traditionnel. Pas de couplets / refrain, ça c'était l'autre siècle, mais une épopée sonore digne de Luigi Russolo (on en reparlera).
Ce qui est amusant, c'est que nos oreilles soient aujourd'hui capables de supporter ça et d'en redemander de s'y attacher même! Preuve qu'elles ont subit les pires outrages depuis 10 ans = preuve donc que la pop moderne c'est de la merde = raison pour écouter Black Dice. CQFD.
A l'aube de la deuxième décennie d'un nouveau millénaire, et comme un symbole des aspirations nouvelles qui peuvent être les nôtres, on cherche l'expérience la plus extrême qui soit, celle qui fera enfin se sentir vivant, incapable qu'on est depuis l'événement du tout partout tout le temps de prendre notre pied, ou juste ressentir quelque d'intense, quoi que ce soit.
Je n'ose imaginer la musique qu'écoutera ces jeunes enfants aux consoles de jeux intégrées dans le cerveau qui ne savent plus s'amuser seuls, quelle forme révélera-t-elle ?
De toute façon la pochette a déjà tout dit (et son contraire) : Go Where new experiences await you.
Pourtant quand le dernier opus du groupe; Repo (dont il était déjà question ici) nous tombe entre les mains, on est obligé de tenter l'expérience les écouteurs vissés sur la tête et le volume à un niveau plus que raisonnable. Et on persévère une fois les premiers hauts le cœur passés.
Dès le départ il faut savoir qu'on écoute ici la bande originale déglinguée d'un cauchemarde chamanique plus qu'un album de chansons au sens traditionnel. Pas de couplets / refrain, ça c'était l'autre siècle, mais une épopée sonore digne de Luigi Russolo (on en reparlera).
Ce qui est amusant, c'est que nos oreilles soient aujourd'hui capables de supporter ça et d'en redemander de s'y attacher même! Preuve qu'elles ont subit les pires outrages depuis 10 ans = preuve donc que la pop moderne c'est de la merde = raison pour écouter Black Dice. CQFD.
A l'aube de la deuxième décennie d'un nouveau millénaire, et comme un symbole des aspirations nouvelles qui peuvent être les nôtres, on cherche l'expérience la plus extrême qui soit, celle qui fera enfin se sentir vivant, incapable qu'on est depuis l'événement du tout partout tout le temps de prendre notre pied, ou juste ressentir quelque d'intense, quoi que ce soit.
Je n'ose imaginer la musique qu'écoutera ces jeunes enfants aux consoles de jeux intégrées dans le cerveau qui ne savent plus s'amuser seuls, quelle forme révélera-t-elle ?
De toute façon la pochette a déjà tout dit (et son contraire) : Go Where new experiences await you.
Black Dice - Chicken Shit
[extrait de l'album Repo]
Black Dice - Ultra Vomit Craze
[extrait de l'album Repo]
[extrait de l'album Repo]
Black Dice - Ultra Vomit Craze
[extrait de l'album Repo]
Le très pertinent avis que Bebert19 a laissé en commentaire:
Bric à brac finement et intelligemment agencé à l'aide de multiples samples, pédales d'effets et autres machines mais on ne peut s'empêcher à l'écoute de Repo de se dire qu'après les Residents,Throbbing Gristle, Butthole Surfers et surtout Chrome,les Black Dice n'inventent finalement pas grand chose mis à part d'utiliser à bon escient cette sophistication et cette précision toujours plus accrues dans les effets sonores psychédéliques dû aux potentialités toujours plus grandes offertes par la miniaturisation des machines à produire des sons et des sons bizarres à volonté si on le désire.Mais franchement,en écoutant par exemple le morceau "La cucaracha" ou autres titres,on a quand même l'impression qu'en bons élèves les Black Dice ont quelque peu reproduit avec des machines ce que Chrome parvenait à réaliser avec quelques pédales d'effet mais surtout avec de réels instruments et c'est bien là le problème : avec beaucoup de formations actuelles qui veulent faire de la musique psyché,underground,bizarre,dure et dansante en même temps avec tout cet attirail de micro-machines,la suppression du rapport direct avec quelque instrument que ce soit ramollit terriblement la musique; tout cà peut procurer une écoute agréable et impressionnante au casque au pieu où l'on va "planer" ( et cauchemarder concernant Black Dice) mais souvent tout çà manque cruellement de corps (la main ne gratte plus,n'effleure plus,ne caresse plus,ne frappe plus,ne pince plus,ne griffe plus...).Alors en concert souvent pour palier à ce manque de physicalité,tous ces groupes se croient malins et "durs" en systématiquement mettant le volume à fond avec des graves bien grAAAAves et des aigus bien aigUUUUs et alors tout le monde s'en prend plein les oreilles et tout le monde est content mais j'ai peur que quelque individu ("sain d'esprit", amen !!) que ce soit puisse rentrer dans un profond rapport physico-transcendentale avec ces musiques produites par ces machines et j'ai le sentiment qu'on assiste le plus souvent à des pastiches d'attitudes et de comportements de groupe que l'on peut par exemple retrouver dans les raves ou soirées électro avec le côté "Hype" en plus concernant des groupes comme les Black Dice (ou Animal Collective que j'avais vu en concert il y a quatre ans à l'époque de "Feels" où ils jouaient encore avec deux guitares,percussions et une seule machine,c'était vraiment sauvage puis je les ai revu en 2008 et là que des machines et un concert qui m'a profondément ennuyé).
Personnellement,je trouve que Neil Campbell et son Birchville Cat Motel avec un attirail électronique des plus réduits a quant à lui d'avantage su capter la composante physique de la machine mais c'est un autre sujet peut-être plus complexe ( lié au nerf sympathique ? ) et c'est aussi un autre style de musique ( moins festive ? ) et de démarche tout de même.
Après ces quelques réserves subjectives et somme toute assez stupides (car sans l'aide de ces machines,les Black Dice auraient-ils pu produire une telle musique) je trouve tout de même que Repo est un excellent album de par sa noirceur,son ambiance cauchemardesque,son minimalisme détraqué,ses rythmes syncopés,ses multiples références,son psychédélisme bricolo amateur et puis surtout Black Dice ont tout de même cette faculté bien à eux d'arriver à mettre diablement en forme et de composer à partir de bribes,déchets,oripeaux de sons des plus improbables d'une façon étonnamment pertinente et moderne ou post-industrielle (comme si les Black Dice se penchaient sur les ruines du monde d'après la catastrophe pour en ramasser tout résidu susceptible de nourrir leur imaginaire sensible) et
l'on doit vraiment leur porter toute notre attention et respect pour ceci quand beaucoup d'autres se contentent de produire une musique facile inspirée des années 80 (parce qu'ils ont entendu que c'était dans l'air du temps et que çà leur permet peut-être de ne pas voir la réalité en face).Les Black Dice paraissent vivre,eux,vraiment dans notre contemporanéité (contrairement à moi ?) la méditent ,s'en amusent et jettent (sans trop de complaisance) un regard très alerte et plutôt sombre sur le monde actuel produisant pourtant au final une musique éminemment réjouissante.
Un cd à acheter absolument (aussi pour sa fabuleuse pochette et booklet intérieur de 20 pages) et du vrai son non mp3 à partir du 7 avril.
Personnellement,je trouve que Neil Campbell et son Birchville Cat Motel avec un attirail électronique des plus réduits a quant à lui d'avantage su capter la composante physique de la machine mais c'est un autre sujet peut-être plus complexe ( lié au nerf sympathique ? ) et c'est aussi un autre style de musique ( moins festive ? ) et de démarche tout de même.
Après ces quelques réserves subjectives et somme toute assez stupides (car sans l'aide de ces machines,les Black Dice auraient-ils pu produire une telle musique) je trouve tout de même que Repo est un excellent album de par sa noirceur,son ambiance cauchemardesque,son minimalisme détraqué,ses rythmes syncopés,ses multiples références,son psychédélisme bricolo amateur et puis surtout Black Dice ont tout de même cette faculté bien à eux d'arriver à mettre diablement en forme et de composer à partir de bribes,déchets,oripeaux de sons des plus improbables d'une façon étonnamment pertinente et moderne ou post-industrielle (comme si les Black Dice se penchaient sur les ruines du monde d'après la catastrophe pour en ramasser tout résidu susceptible de nourrir leur imaginaire sensible) et
l'on doit vraiment leur porter toute notre attention et respect pour ceci quand beaucoup d'autres se contentent de produire une musique facile inspirée des années 80 (parce qu'ils ont entendu que c'était dans l'air du temps et que çà leur permet peut-être de ne pas voir la réalité en face).Les Black Dice paraissent vivre,eux,vraiment dans notre contemporanéité (contrairement à moi ?) la méditent ,s'en amusent et jettent (sans trop de complaisance) un regard très alerte et plutôt sombre sur le monde actuel produisant pourtant au final une musique éminemment réjouissante.
Un cd à acheter absolument (aussi pour sa fabuleuse pochette et booklet intérieur de 20 pages) et du vrai son non mp3 à partir du 7 avril.
Je persiste et signe, ces deux titres sont bien plus intéressants qu'ils en ont l'air.
Bien sûr que ça demande quelque habituation mais quand tu es passé par Bardo Pond, Wolf Eyes ou Jackie O Motherfucker pour citer quelques furibards soniques, je crois que tu peux tout tenter. Et c'est effectivement ça le plus fou, on en redemande parce que ces expériences auditives nous font accéder à une autre dimension et qu'il peut devenir difficile de retourner à la ritournelle ensuite...
RépondreSupprimerNom d'un chien ! Commentaire phénoménal. J'acquisse sur quasiment tous les points, ça renvoi tout simplement au sens de l'œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique (walter benjamin, editions Allia). Est ce qu'une musique a la même valeur intrinsèque quelque soit ses modes de production ? Est-ce le résultat audio qu'on entend qui compte ?
RépondreSupprimerTu permets que je copie-colle ton commentaire dans l'article ?
Hé ben quel commentaire (fort intéressant, merci). Je vais rajouter ma modeste petite pierre à l'édifice, je trouve que c'est de l'expérimentation "froide". Cérébralement on se dit : oui, il y a de l'idée ; mais après, pour moi en tout cas, ça ne va pas plus loin, ça ne me touche pas, ça ne me donne pas envie de bouger, ça ne m'émeut pas.
RépondreSupprimerAutant les sons d'un Fuck Buttons (sons innovants un peu pour moi) touchent quelque chose, autant là, ça reste à la surface.
(Bon, puis après bebert, j'ai honte de commenter hein...)
Merci du commentaire Bebert1914 (et je plussune sur BCM). Sinon, ça m'a l'air moins experimental ce disque là. Ou alors, c'est que, comme tu dis, on est habitué. Mais par rapport aux premiers albums chez Fat Cat, je trouve qu'il y a un côté moins fou, plus carré (enfin, je n'ai écouté que les 2 titres que tu as mis à dispo là).
RépondreSupprimerSinon:
"Ce qui est amusant, c'est que nos oreilles soient aujourd'hui capables de supporter ça et d'en redemander de s'y attacher même! Preuve qu'elles ont subit les pires outrages depuis 10 ans = preuve donc que la pop moderne c'est de la merde = raison pour écouter Black Dice. CQFD."
****
La pop moderne = Animal Collective = pop moderne c'est trop bien = CQFD
(j'avoue, j'ai eu du mal à placer Black Dice dans l'équation).
C'est compréhensible que le ressenti soit moins physique que pour fuck buttons, groupe qui me fait un effet tout a fait différent, au niveau du bas ventre. Là on est plus dans les recoins du cerveau. Ce n'est pas pour rien que ce non-genre est fréquemment appelé Intelligent Dance Music, quelque chose pour faire danser, valser, sauter son cerveau, pendant que le reste du corp reste pantois.
RépondreSupprimerAutrement Charter, j'ai mis a disposition les deux morceaux les plus accessibles évidemment, les plus pop, mais c'est vrai qu'ils adoucissent un peu leur propos, ce qui me fait personnellement plus facilement rentrer dans leur univers, si dur à l'époque des premiers. Mais me fait également sentir que celui ci sera peut être plus périssable.
Quant au CQFD, le tiens est presque aussi intellectuel que le miens ;)
Merci à tout deux d'avoir eu le courage de commenter après l'ami Bebert.
Pochette originale : l'album "Having A Rave Up" des Yardbirds.
RépondreSupprimerCa ne sert à rien mais je suis content d'avoir trouvé.
Sinon Black Dice, c'est TOP.
Très juste !!! Je savais bien que le connaissais déjà cette pochette. Ca paraissait évident et pourtant.. bien vu.
RépondreSupprimervenez vous faire un avis en live
RépondreSupprimerBlack dice joue au Point Fmr le 7 mai!