lundi 3 décembre 2007

Hit Theory / Still Going


A peu près tous les artistes, musiciens, éditeurs, producteurs et firmes phonographiques recherchent "le" tube. Ils participent, consciemment ou non, à une sorte de quête du Saint-Graal dont personne ne peut garantir la recette. Au début des années 1990, une grande maison de disques a ouvert une sorte de laboratoire dans lequel des chercheurs travaillaient officiellement sur l'avenir de la musique. La recherche était axée sur la création d'un CD/DVD permettant de modifier le son et le mixage final d'une chanson en fonction du goût de l'auditeur. Si vous estimiez par exemple que la voix de ****** dans telle ou telle chanson est noyée sous les instruments qui l'accompagnent, ils suffirait d'un manipulation sur la piste "voix" de votre ordinateur ou de votre téléviseur pour rendre cette dernière plus présente. Il en serait de même pour chaque instrument qui intervient dans la chanson. Vous deviendrez ainsi l'ingénieur de votre propre son.

De façon plus officieuse, les chercheurs travaillaient aussi sur l'évolution des grands succès musicaux (analyse des sons, des mélodies, des accords récurrents, de l'environnement politique et social de tous les tubves depuis quelques décennies). Toutes ces données entrées sur ordinateur étaient censées ébaucher une sorte de portrait-robot du tube de demain.

Je ne sais pas si ce laboratoire existe encore, mais on peut penser qu'il n'est pas indispensable de dépenser des millions d'euros pour comprendre par exemple qu'après la guerre du Golfe, Eric Clapton a vendu plusieurs millions d'exemplaires de son album Unplugged. A ce moment-là, en effet, l'Occident était sous le choc de ces milliers de bombes balancées sur le peuple irakien. On aspirait au calme, au rapprochement, au cocooning. Le live de MTV est arrivé au bon moment. (Au jour de la deuxieme guerre du Golfe, les gens n'en ont plus rien à foutre et écoutent de la disco a longueur de journée...)

Le tube est autant lié à la grande histoire qu'à notre histoire intime. Il rassure le grand public que nous sommes avec quelques références familières au passé, et destabilise un peu avec des sons, des arrangements dans l'air du temps, voire précurseurs. Ni trop en avance, ni trop en retard... Par définition, le tube arrive juste au bon moment. Mais l'art ne se programme pas, contrairement à ce que prédisaient les chercheurs de la grande compagnie. A trop vouloir se référer aux désirs artistiques et commerciaux des grands médias et des panels, aux grands manitous du marketing, l'industrie tire la musique vers le bas. Ne soyons ni dupes ni esclaves. Le matraquage à outrance, les fortes rotations des radios musicales ne doivent en rien nous cacher l'incroyable diversité de l'univers musical. Mais que cela ne nous empêche pas de réviser nos classiques !



Durant le mois de Décembre, je vais publier des posts sur les albums retenus et non retenus dans le top 50. Preuve qu'à l'heure du numérique et de la consomation élevée en art de vivre, dérrière la devanture nauséabonde, la musique n'a jammais été aussi riche.


Patientons avec deux récentes livraisons du label DFA, qui produisent en moi un véritable effet hypnotique, necessitant des écoutes répétées et bruyantes.






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2 commentaires:

  1. Ca fait très Metro Area comme son, j'aime.

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  2. Très juste j'avais pas remarqué. Ca ce voit d'autant plus dans ton mix de décembre !

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